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Vendredi 11 août, 12h30. Le chauffeur est arrivé de Bâle en avance avec la grosse boîte aux trésors de la China Shipping Company sur le pont arrière. On m’avait prévenu que les Bâlois sont toujours avant l’heure et qu’ils se mettrent à tousser si le client est en retard. Celui-là est tout sourire, la pince monseigneur à la main prêt à faire sauter le plomb de la porte du container sous mes yeux. Je confirme, avant que la pince ne morde, que c’est le bon numéro sur le plomb, oui c’est bien le nôtre. tout-ce-vide-copie-1.jpgtermites-copie-1.jpg

 La porte droite s’ouvre et là l’odeur de tout un continent se répand dans l’espace immédiat. L’odeur du teck et du bambou, sympas, mais le moisi domine tout de même. Pas rassurée, je vois la première caisse rongée par les termites et le rouleau de nattes de bambou complètement recouvert d’une couche vert grisâtre. Mais ce que je vois surtout c’est que le container est rempli de vide ! J’imagine tout ce que nous aurions pu mettre encore…

Nos amis, venus en renforts, extraient un rat crevé collé à la première caisse. Alors là je balise un maximum, en pensant à tous ce qui a été peut-être boulotté, abîmé ou réduit en poussière ! Mais la joie reviens aussitôt en voyant les sculptures de pierre si bien conditionnées, les grands bambous de 5 mètres magnifiques.

Les gars travaillent comme des fourmis, descendent les caisses, les cartons et les premiers meubles, sans rampe ni matériel roulant, à la force des biceps. Tout est très bien emballé, je découvre la commande de meubles en teck pour la première fois. Ils sont magnifiquement bien faits, le teck est doré, splendide. Cela valait la peine d’attendre la fabrication spéciale à partir de récupération des traverses de chemin de fer. Le bois est intact puisque aucun parasite ne s’attaque au teck et qu’il supporte l’humidité des cargos sans problème. Les tables en bambou ont un peu soufferts, des termites ont squatté les cavités. Le container ayant passé à la fumigation obligatoire, les attaques se sont passées lors du trop long entreposage avant l’embarquement. Mais rien de grave, tout va être traité et nettoyé, on ne verra plus rien.

--talage.jpg  
Nous avons tout sorti et étalé parterre, ne reste que la grande statue. Tara la princesse de pierre aux traits fins et à la taille élancée laisse perplexe l’équipe des hommes devant ses 300 kg. Ils ont beau la pousser sur le sol du container, elle bouge à peine. Comment vont-ils faire pour la descendre du camion ? C’est là que Paolo arrive en 7e homme et prend la direction des affaires. Il va assurer Tara avec une corde afin d’éviter quelle ne se brise en « sautant » du camion. Il est fort probable que les hommes ne puissent pas la retenir.

Tara est descendue avec grand peine mais sans dommage. Oufff, on respire… mission accomplie !

 Le déchargement n’a duré qu’une demi heure. Il fallait tout sortir en une heure maxi afin d’éviter les taxes supplémentaires. C’est le moment de souffler et de prendre une pause. Mais pendant ce temps l’infatigable Irah prise de frénésie, découpe les cartons ondulés, ouvre le matériel d’hôtellerie rempli de denrées indonésiennes, ça lui parle bien, elle qui adore cuisiner les plats de son pays natal. Elle manie le pied de biche avec plaisir et attaque les caisses.

Paolo-copie-1.jpgtara2-copie-2.jpgJe passe un coup de balais dans le container sur une vingtaine d’araignées bien dodues et une grosse couche de poussière de vermines et nous faisons nos adieux au chauffeur.

Tout est éparpillé au sol, il faut maintenant tout déballer et planifier l’entreposage dans le box. C’est là que mon brave menuisier de père scie les dernières poutres des étagères aux dimensions exactes de la marchandise.

Nous rentrons le tout, excepté nos affaires personnelles et les sculptures qui seront exposées à la vente dans le jardin à la maison. Benoît a beau dire à la statue : « Tara, lève-toi et marche » les 300kg de pierre  restent encore hisser dans le van à chevaux de Benoît.

Un grand merci à Benoît, Erwin, Kolik, Galih, Bowo, Paolo, Irah et son ami, Sandra et les parents. Les hommes forts ont été magnifiques, les déballeuses ont bien joué du cutter et des ciseaux. Nous sommes tous fatigués et affamés.

Il est déjà 19h30, le tas d’emballage à 2m de haut, la voirie est fermée depuis longtemps, le responsable du lieu me dit que nous devons tout emporter à la maison !

 

Sylvia

Les photos des objets seront bientôt disponibles.

 

Tag(s) : #Container story